Métropole Bleue Association de défense de l'environnement de la Métropole Nice Côte d'Azur

L’électricité dans les A-M : une énergie qui ne tient qu’à un fil !

Le département des Alpes-Maritimes est une péninsule en termes d’approvisionnement en électricité. Sa production propre n’est guère supérieure à 10% de l’électricité consommée. Il dépend donc pour l’essentiel de la production extérieure au département voire à la Région PACA.

Autre caractéristique, le transport de l’électricité importée est assuré par une ligne unique à très haute tension (400.000 volts), ce qui, dans l’état actuel des choses, fragilise son approvisionnement. En cas d’incident majeur sur la ligne (pylône endommagé suite à un incendie, par exemple), le département est totalement privé d’électricité.

Enfin, les pics de consommation en hiver, entre 18 heures et 20 heures, obligent EDF à procéder à des délestages ciblés afin d’éviter la panne généralisée.

1 – Peut-on réduire voire supprimer notre dépendance électrique ?

Il faut d’abord avoir une idée claire des besoins en électricité du département des Alpes-Maritimes et par conséquent de la Métropole NCA. Un calcul approché de ces besoins conduit à retenir le chiffre de 9 milliards de kilowatts pour le département et à 4.5 milliards de kilowatts pour la Métropole.

  • La production d’énergie

A titre indicatif, on fera principalement référence à deux sources énergétiques, l’éolien et le photovoltaïque,  dont les prévisions de production  à l’échelle de la région PACA  sont présentées comme significatives dans le Bilan prévisionnel de l’équilibre offre-demande publié par Réseau de Transport d’Electricité en 2012 – http://www.rte-france.com -.

  • L’énergie éolienne

La prévision en termes de puissance installée (1) en éolien sur la Région PACA est de 130.000 kw (2), rapportée au 06, on l’estimera de façon toujours un peu arbitraire au prorata de sa population à 28.912 kw.

RTE  note que le «parc en service a présenté un facteur de charge (3) annuel moyen proche de 23 % sur les cinq dernières années. Cette valeur équivaut, en énergie, à environ 2.000  heures de fonctionnement à pleine puissance, hypothèse prise pour ce Bilan Prévisionnel. » .

2.000 heures correspondent à 83 jours de fonctionnement à pleine puissance. Cela représente pour une puissance installée de 28.912 kw,  une production de 57.768.000 kw  pour les Alpes-Maritimes ; soit 0.63% de ses besoins en électricité.

  • L’énergie photovoltaïque

La prévision en termes de puissance installée  en photovoltaïque sur la Région PACA est de 700.000 kw, rapportée au 06, on l’estimera de façon un peu arbitraire au prorata de sa population à 155.000 kw/h.

RTE précise pour évaluer la production effective d’électricité que « l’hypothèse prise à moyen comme à long terme […] correspond à 1.100 heures [soit  46 jours] de fonctionnement équivalent pleine puissance » (4). Cela signifie que la production effective est égale à la puissance installée réduite au nombre d’heures où la source de production est estimée à pleine puissance. Selon notre calcul, la production photovoltaïque des Alpes-Maritimes pourrait-être de l’ordre de 171.120.000 kw en 2017 ; soit moins de 2% de ses besoins en électricité.

(1) – Puissance installée = potentiel de production maximum à l’heure.

(2) – Le schéma régional éolien prévoit à l’horizon 2020 une puissance installée de 75.000 kw sur les Pré-Alpes-d ’Azur dont le territoire va au-delà des Alpes-Maritimes.

(3) – Page 71  du  Bilan prévisionnel de l’équilibre offre-demande publié par TE en 2012 :  ‘’ Le facteur de charge est défini comme le rapport de la puissance moyenne produite sur la puissance installée ‘’.

(4) – Page 75  du  Bilan prévisionnel de l’équilibre offre-demande publié par TE en 2012. 

  • les autres energies

    Le bois, la géothermie, les pompes à chaleur,  les micro turbines sur les canalisations du réseau de distribution de l’eau, la récupération de chaleur sur le réseau d’assainissement, l’exploitation de la biomasse, l’incinération des ordures ménagères, etc. la liste est longue et est appelée à s’allonger au fil des découvertes et des innovations. La prévision à cinq ans de la quantité  d’électricité générée par ces sources d’énergie n’est pas à négliger mais elle ne modifie pas la problématique péninsulaire de département des Alpes-Maritimes.

  • Les économies d’électricité liées à l’isolation des bâtiments

La marge de progression est importante. La thermographie aérienne révèle avec une parfaite précision les déperditions d’énergie imputables à la mauvaise isolation de nombreux bâtiments. Des progrès dans ce domaine sont possibles. Ils sont liés à des facteurs économiques : coût de l’énergie, coût des travaux, crédits disponibles. Et cela,  aussi bien dans le public que dans le privé.

Le cahier des charges HQE impose aux constructions neuves des normes très rigoureuses qui limitent voire annulent la consommation d’énergie. L’inéluctable augmentation du parc immobilier de notre département, et particulièrement de la Métropole NCA, ne devrait donc pas entraîner une hausse exponentielle de la consommation d’électricité. On ne peut pas cependant, non plus, compter sur le fait que la construction de dizaines de milliers de logements n’entraînera pas un accroissement de la consommation.

  • La gestion rationnelle de l’électricité

La gestion intelligente de la consommation électrique (smart-grid) va permettre de réduire le gaspillage et  assurera une meilleure régulation de la consommation des ensembles d’immeubles, des quartiers, des villes, des groupements de villes, régionalement voire internationalement.

L’informatique va dans ce domaine aussi entraîner des évolutions décisives mais encore difficiles à évaluer. Grâce aux nouvelles technologies, on sera plus performant dans la gestion de la ressource mais on continuera d’avoir besoin d’électricité, ne serait-ce que pour faire fonctionner les ordinateurs toujours plus nombreux.

  • Les nouveaux moyens de transport, de nouveaux consommateurs d’électricité

Le développement de transports en commun tels que le tramway ou celui des véhicules électriques accroissent inéluctablement la consommation d’électricité. Les émissions de gaz à effet de serre s’en trouvent réduites, ce qui est une bonne chose. Il faut cependant que la croissance de la consommation électrique dans les déplacements soit compatible avec l’offre d’électricité disponible.

  • Conclusion

En bref, notre département ne sera pas devenu indépendant ou même sensiblement moins dépendant dans 5 ans, voire bien au-delà.

2 – Peut-on sécuriser le transport de notre électricité ?

Le projet doublement de la ligne à 400 000 volts a été retoqué en  2006 par le Conseil d’Etat en raison de son impact très négatif sur la vallée du Verdon.

Une solution médiane est actuellement en cours de réalisation. C’est une ligne enterrée de 225.000 volts constituée de trois tronçons (170 km au total). Elle arrive au Cannet.  Son achèvement est programmé pour 2015. Elle constituera un  « filet de sécurité ».

  • Conclusion

La nouvelle ligne est une réponse qu’on annonce comme suffisante jusqu’en 2030. Elle réduira le risque  de panne générale et les conséquences des incidents qui surviendraient sur la ligne principale. Elle ne fait pas complètement disparaître la fragilité de notre approvisionnement.

3 – Comment surmonter les problèmes de surconsommation en hiver sur la tranche horaire 18 heures/ 20 heures ?

  • Les données du problème

– Les pics de consommation ne peuvent pas être compensés par une offre exceptionnelle d’électricité extérieure.

– L’énergie photovoltaïque ou éolienne n’est pas disponible au moment de la journée  et dans la saison des pics de consommation.

– L’énergie électrique, dans l’état actuel des techniques, n’est pas stockable. On ne peut pas puiser dans une réserve qu’on aurait constituée.

  • Le problème renvoie à deux questions

1 – Comment injecter une énergie électrique produite localement dans le réseau ?

2 – Comment discipliner la consommation sur la tranche horaire critique ?

Réponse 1 : Il faudrait recourir à une centrale thermique de secours. Est-ce possible ? Est-ce souhaitable ? Est-ce compatible avec le PECT ?

Réponse 2 : Il faut mettre en place un système d’information des consommateurs et de maîtrise de la consommation. C’est ce qu’a fait EDF en créant le site   http://ecowatt-provence-azur.fr

4 –  Les Choix technologiques, industriels, économiques et l’évolution des comportements individuels se mêlent. Comment établir une stratégie cohérente sur notre territoire ?

La concertation organisée, méthodique et productive -et non simplement par défaut pour satisfaire à la réglementation-  est la solution. Elle est largement à inventer.

C’est l’ambition de Métropole Bleue.

C’est à l’avènement d’un partenariat vraiment collaboratif que Métropole Bleue travaille.

C’est une promesse de ténacité, de générosité et d’intelligence partagée.

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Liens utiles

http://www.rte-france.com

http://www.ecowatt-provence-azur.fr

http://www.planclimat.nice.fr/public

http://www.planclimat-cg06.fr

http://www.paca.developpement-durable.gouv.fr/le-schema-regional-eolien-provence-a4620.html

 

 

 

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