Métropole Bleue Association de défense de l'environnement de la Métropole Nice Côte d'Azur

Le salage des routes est-il dangereux pour l’environnement ?

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Un habitant de Saint Martin-Vésubie interpelle Métropole Bleue. Il  déplore l’usage du sel pour procéder au déneigement de nos routes.

Bonjour, je me permets de vous contacter parce que je suis a bout d’énergie. Je m’explique. J’habite dans l’arrière pays niçois, dans la vallée de la Vésubie et chaque hiver, des tonnes de sodium sont balancées sur nos routes, tous les jours, a partir du 1er décembre quelle que soit la météo. Un hiver comme cette année, le salage des routes est quasiment inutile. Par contre tout ce qui vit sur le bord des routes finit complétement brûlé!!!! Des arbres entiers meurent séchés comme sur la route du Boréon, pour ne citer qu’un exemple. S’en suit au printemps pendant les pluies la pollution des rivières et des poissons, lorsque les routes sont lavées par la pluie, le sodium s’écoule dans les torrents de montagne. Sans compter l’intérêt financier à ne plus utiliser a outrance le sel de déneigement: celui-ci détruit le ciment et le béton des parapets, barrière, trottoir, etc. qui bordent les chaussées. Mes courriers au département sont restés sans réponse.. Et mes demandes d’analyse de pollutions liées au sel de déneigement aussi. Dans certains départements des associations écologistes surveillent les excès  d’utilisation du sel de déneigement, pourquoi pas chez nous? Cordialement.

Il faut préciser que désormais les routes du territoire métropolitain sont des routes métropolitaines et non plus départementales. Il convient donc de s’adresser au Président de la Métropole sur le sujet. On peut consulter le lien : http://www.nicecotedazur.org/habitat-urbanisme/la-voirie

Réponse de notre référent scientifique François Charman, professeur de Génie Chimique :

Existe-t-il une alternative écologiquement et économiquement satisfaisantes pour déneiger les routes ?

 Tout d’abord quelques considérations purement chimiques.

Pour éviter que l’eau gèle à 0°C, il faut abaisser son point de congélation. L’utilisation du chlorure de sodium c’est-à-dire le sel de cuisine ou encore celui que l’on trouve dans l’eau de mer, permet cet abaissement du point de congélation de l’eau qui se trouve sur la chaussée et donc l’apparition de verglas.

Si l’on utilise du sel (on pourrait utiliser d’autres substances), c’est qu’il est efficace, peu coûteux et inoffensif pour la santé des personnes.

A ma connaissance, le chlorure de sodium ne dégrade pas les ciments et autres matériaux de construction. Je pense au contraire que le sel évite les dégâts causés par le gel et assure ainsi la pérennité des ouvrages.

Par contre, il a un effet corrosif incontestable sur les barrières métalliques.

L’impact sur l’environnement me semble plus difficile à estimer. L’effet du sel sur les végétaux est inévitable : il « brûle » les racines et peut entraîner la mort de la plante.

De là à incriminer le sel pour tous les végétaux qui sont « brûlés » au bord des routes, il n’y a qu’un pas, mais cela peut avoir aussi une autre origine (sécheresse, maladie, …).

Quant à la pollution des eaux de rivières, je n’ai jamais entendu parler de ce problème mais peut être existe-t-il. Je suis plus circonspect, il faudrait « simplement » analyser l’eau des cours d’eau.

En conclusion, ma réponse est non, il n’existe pas d’alternative plus écologique ou plus économique. Seule une étude approfondie permettrait d’évaluer l’impact sur l’environnement.

Cependant, si le sel n’a pas d’action sur le béton, il corrode les armatures métalliques du béton armé. La formation de rouille s’accompagnant d’un gonflement, le béton est alors dégradé par éclatement ou fissuration.

Concernant l’impact sur les végétaux, voici les précisions de Robert, expert en arboriculture, contacté par F. Charman :
Effectivement le sel est absorbé par les arbres qui les stoquent dans le feuilletage.  Particularité,’ avant la chute des feuilles les sels migrent avec les substances carbonées  dans l’arbre pour y être stockees et rend difficilement disponible ces réserves (sucres) en cas de besoin. On peut détecter, avec un peu de sagacité les arbres intoxiqués à leur architecture et à leur feuillage. L’impact est dépendant des essences, de la structure et la composition du profil pédologique exploré par les racines.
Voilà en quelques mots les rapports difficiles des plantes avec le sel de déneigement.  On peut être beaucoup plus précis,  mais là les explications seront bien plus fastidieuses.

*

Nous sommes bien sûr disposés à prendre en compte toute contribution qui permettrait à l’avenir de trouver de meilleures solutions. Le débat n’est pas clos. Peut-être que des pneumatiques extraordinaires rendront un jour le salage  moins utile ?

Voir : http://www.actu-environnement.com/ae/news/FNE-salage-route-neige-chimique-traitement-mecanique-11699.php4

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3 Responses to Le salage des routes est-il dangereux pour l’environnement ?

  1. costaud 31/01/2017 à 23 h 39 min #

    A la façon je veux me faire comprendre de tout le monde le posteur as raisons mais le plus gros préjudice est pour nos bagnoles amoureux des vw et pleure la rouille rincer vos bagnole apres chaque saut ds les vallées.

  2. costaud 31/01/2017 à 23 h 43 min #

    Eh eh par la kartcherise ton auto quand tu descend de la vallée

  3. costaud 01/02/2017 à 0 h 11 min #

    mn